En jupe blanche et sandales, une jeune américaine, sécateur à la main, s'engage dans les rangs de vignes du Château Paloumey, dans le Médoc, où les touristes amateurs de vin peuvent profiter d'un petit parfum de saison, celui des vendanges.
Pour le premier jour de vendanges, une troupe pour le moins hétéroclite s'est invitée dans cette propriété de l'appellation Haut-Médoc. Un gaillard d'1,90 mètre originaire de Washington, Henry Van Dyck, a d'office été désigné porteur. Les vendangeurs, eux, sont français, américains, australiens, turcs, canadiens.
Ces 27 touristes amateurs de vin participent à un "atelier vendanges" proposé par l'office du tourisme de Bordeaux et assouvissent, à les entendre, un petit fantasme : vivre au plus près les vendanges qui débutent ces jours-ci pour les rouges dans le Bordelais.
"Prenez les grappes du bas, essayez de ne pas mettre les feuilles avec... Et puis attention aux doigts!" Les consignes de la propriétaire, Martine Cazeneuve, sont traduites en anglais puis les vendangeurs du jour, à peine descendus du bus, se lancent dans la parcelle de merlot.
Les brunes Ezgi Gülmez et Eylem Tunçer, deux amies turques, apprécient : "Nous avions envie de savoir comment est fait le vin. Je connais bien la théorie, mais là, c'est le cours pratique", sourit Ezgi, sécateur dans une main, appareil photo dans l'autre.
A quelques rangs, une Parisienne qui passe sa retraite à Bordeaux, Edwige Cocher, savoure : "Je ne m'attendais pas à trouver des grappes aussi lourdes, aussi denses. Et elles sont drôlement sucrées..."
En bout de rangs, la table de tri attend les vendangeurs amateurs. Ensuite, ce seront les chais, la salle à manger pour un repas arrosé de vins du Médoc, puis les cuves pour une initiation à la vinification.
"C'est un nouveau produit, qui répond à une demande très forte. Les gens ne veulent plus seulement déguster le vin, ils veulent connaître la source des choses", explique la guide Brigitte Bourjade.
L'office du tourisme de Bordeaux propose cet atelier (facturé 70 euros), dernier né de sa gamme oenotouristique, pour la deuxième année.
Pour les propriétés, c'est une opération de communication "à long terme", estime Mme Cazeneuve. Pour les visiteurs amateurs de bon vin, une façon d'aller au-delà de la simple dégustation habituellement proposée dans les châteaux.
Joseph Dallon, horticulteur du New-Jersey à la soixantaine souriante, s'est par exemple inscrit à l'atelier avec une idée très précise : glaner quelques informations pour essayer d'améliorer sa technique, lui qui produit son propre vin avec la douzaine de pieds de muscadine qui pousse dans son jardin et du raisin acheté en Californie.
"Uniquement pour ma consommation personnelle, et pour quelques amis", précise-t-il avec gourmandise.
Source : article de l'AFP


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